Kidimood : Adopter le concept de sororité

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J’ai lu cet article qui donne une définition globale au concept de Sororité sur le blog Afroelleinfluency ici et je me suis immédiatement reconnue dans cette idée globale de bienveillance féminine. Touchée. Parfois quelqu’un décrit votre mode de vie et vous vous rendez compte que vous vivez selon des principes communs. Sororité.

Je me souviens de cette petite fille perdue dans la grande cour des CP et d’une main de fillette qui a saisi la mienne parce qu’elle avait vu les larmes qui me montaient aux yeux quand ma mère a disparu derrière la grille – Sororité déjà !

Je me souviens de ma team de tendre enfance, mes soeurs, mes cousines, courant échevelées dans le bois de nos jeunes années avec nos dissensions mais avec un amour invincible – Sororité encore, ce mot qui vient du latin « soror », soeurs, cousines …

KIDIMOOD GOOD

Je me souviens de ma bande du collège, celle du lycée et de la rivalité qui nous désunissait souvent à cause des hommes comme si la présence d’autres femmes nous empêchait de nous construire – Sororité entamée, blessée, trahie ou du moins restreinte à un cercle amical immarcescible …

Jeune femme, j’ai commencé à comprendre que les femmes me tiraient vers le haut quand je savais repérer dans la foule celles qui me ressemblaient, partageaient mes idées et traitaient mon intelligence et mon ambition sans suspicion. Une sorte de « première vague de féminisme » à l’intérieur de moi, ce « sisterhood » qui faisait écho au « brotherhood » des bandes de potes du rugby.

En tant que mère, j’ai continué à changer, à inverser le process et à établir une vraie solidarité bienveillante envers mes semblables. Il y a 5 ans, je me disais presque mamuniste, je suis maintenant membre d’un gang de mères bienveillantes qui s’entraident de la tétée aux premiers émois de la préadolescence de leurs enfants. J’aime me raconter mère, j’aime les entendre vivre ce rôle à leur mesure, j’aime les encourager, leur tendre la main, leurs conseils m’apaisent …

En tant qu’entrepreneuse, en tant que journaliste, en tant que créatrice d’événements, j’aime m’entourer de femmes – le terme Sororité prend ici tout son sens parce que je reconnais leur créativité supérieure et j’aime me faire épauler par ces femmes qui adhèrent à mes idées, me complètent, me construisent ou s’opposent à moi en me poussant dans mes retranchements. Je ne hais pas les hommes, du tout, je n’aime pas toutes les femmes – je suis quand même assez gouailleuse – mais j’aime promouvoir ces « soeurs » qui donnent tant pour construire leur identité et leur entreprise dans cette société phallocentrique qui aurait tendance à nous diviser. Dans les entreprises, les femmes prennent plaisir à recruter des femmes, on sent cette bienveillance émergente. Dans les réunions, les afterworks, via les podcasts, les femmes aiment écouter d’autres femmes et leurs itinéraires, ça les conforte, ça les motive, ça les agace aussi un peu mais il me semble que c’est une émulation positive non ?

Mon féminisme a pris du galon, souvent grâce à ces « soeurs » que j’ai rencontrées ici ou ailleurs, dans la cour du collège, dans un amphi bondé, dans un dîner guindé, devant le portail de l’école, sur un coin de bar, à la table ronde d’une association d’empowered women, lors d’une conférence de presse, ou ailleurs…

Quand j’imagine une suite à mon parcours, je visualise un grand bureau-appartement, mes « soeurs » qui piaillent au téléphone dans toutes les langues, des sourires, des mains tendues, des discussions sans fin, des colères et des bouclages bruyants qui finiront en fêtes démesurées  – Sororité, ma porte secrète vers un succès inatteignable seule …

 

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