Kidimood : Baby blues du petit bébé

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Ma fille va avoir 8 ans, mon fils en a 5 et je pense déjà à l’adolescence, à quand ils ne m’aimeront plus d’amour fou, à quand ils diront « c’est ma mère » d’un air gêné ou contrit, à quand ils quitteront le nid pour les vacances, pour leurs études et reviendront de loin en loin me laissant seule et désemparée … bref bref bref, toute jeune maman rock’n roll et pleine d’entrain que je suis, j’ai le blues du petit bébé, celui qui ne vit que par toi, qui ne découche que pour se retrouver dans tes bras, qui attend que tu le nourrisses et te regarde comme si tu avais inventé l’Univers, son univers en tout cas …

KIDIMOOD BAD

J’aime  quand ils se glissent dans le lit très tôt le matin et qu’en ouvrant les yeux,  tu plonges dans un regard aimant et souriant, plein de promesses. Ils me ramènent à eux comme un chiffon, dans la tendresse de l’aube et les étirements commencent gaiement et bruyamment !

J’aime quand ils déjeunent en faisant du bruit, réclamant du jus de pomme, des céréales, renversant un bol, chantant les paroles inventées d’une chanson grivoise qui me fait sourire, épelant les mots de la dictée, préparant les symptômes d’un nouveau mal incurable pour rester à la maison et je me dis que cette énergie vibrante, on ne la trouve pas dans une maison sans enfants !

J’aime quand ils ont leurs cartables sur le dos et me crient « je t’aime » dans le couloir sans se retourner, songeant déjà à ce qui les attend dehors ! Comme s’ils savaient déjà que sans le cocon, la vie est différente et  compliquée et qu’il faut d’ores et déjà s’y faire !

J’aime quand Noushka cache son cahier à cause d’un mot du maître pour les bavardages ou le brandit tel un trophée pour un  10/10 bien mérité … j’aime par dessus tout ces réactions franches, fortes, spontanées des enfants qui ne savent pas dissimuler leurs émotions et leur crainte de nous décevoir ! J’aimerais lui dire toujours que quoiqu’elle fasse, je serai  fière d’elle !

J’aime observer Mini Metsch dans la cour de la maternelle quand il  ne me voit pas. Son aisance en société, ses boucles blondes de mini surfer des villes qui s’agitent comme des tire-bouchons et les fillettes qui gravitent autour de ce petit bonhomme sûr de lui. Mon fils, ma bataille, mon bébé soleil qui me dit qu’il est trop grand maintenant pour se mettre à côté de moi à table mais trop petit pour ne plus s’endormir dans mes bras, collant de sueur, les lèvres entrouvertes au milieu d’un monologue sur les kangourous, les wapitis et les émeus…

Alors j’ai envie de chialer et je leur dis que j’aimerais les enfermer dans une petite boîte pour les empêcher de grandir ! Je leur coincerais les jambes et ils resteraient petits et je pourrais même les faire rétrécir et les transporter dans ma poche ! Ca les fait rire comme des baleines ! Ils aiment bien cette histoire, moi aussi, sans doute parce qu’on sait tous les trois que rien n’est vrai, qu’ils vont me dépasser d’une tête et filer en Australie ou à New-York à la moindre occasion !

Et puis il y a leurs phrases qui me font chaud au coeur : « Maman, mais pourquoi je t’aime comme ça ?  » « Maman, tu es belle  » « Maman tu es la plus gentille, la plus meilleure des mamans du monde » « Maman, je resterai toujours avec toi » « Maman même quand tu seras une mamie tu seras jamais vieille ! « 

Souvent, des mamans de grands enfants, des mamies aussi te disent qu’il faut en profiter quand ils sont petits, le temps passe vite, ça semble une lapalissade mais maintenant je me dis que c’est vrai ! Quand je vois une toute nouvelle maman avec une poussette et un minuscule poupon, les yeux cernés, je souris presque … Quand je les regarde jouer au parc ou quand on se met tous à danser sur une chanson qu’on aime, je frémis, de bonheur et de peur que tout ceci se transforme au point de ne plus exister ! Et je caresse les boucles brunes de ma fille, je glisse une main sur la peau douce de son dos, je me love dans la chaleur des bras du petit blond, je caresse ses pieds si doux qui sentent encore le savon pour bébé (le matin en tout cas) et je songe …

Un jour Noushka me mentira, ne me dira pas tout, Metsch me claquera la porte au nez dès le réveil et je ne serai plus la première des invités sur leur liste d’anniversaire … Et puis, si j’ai bien fait mon boulot, entre l’ingérence et la liberté, ils reviendront comme des poussins dans leur nid quand ils en éprouveront le besoin et je serai là ! C’est ce que font les mamans non ?

Parfois je me réveille et j’entends des cris d’enfants dans la cuisine ! Ma fille a 40 ans, mon fils 38 et le doux tintement des rires au loin, ce sont ceux de ma nouvelle vie … je me dis qu’un jour je serai une mamie et je pense que ce rôle là, je saurai le jouer à merveille !

Alors je serre mes bébés dans mes bras et je pense que c’est un hommage de les aider à devenir les adultes qu’ils vont décider d’être ! Pendant ce temps, je veux profiter de chaque instant de leur enfance et de ma jeunesse, courir, sauter, écouter leurs histoires, me ruer à la sortie de l’école pour les serrer dans mes bras, choisir une après-midi avec eux plutôt que quelques euros de salaire en plus parce que ce sont ces moments qui sont chers et ne reviendront plus … le reste ???? pffff ça n’a pas grande importance …

 

 

 

 

 

 

 

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