Kidimood : Je crois que je vieillis …

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Ca fait 20 ans que j’ai l’impression d’avoir 20 ans et hormis quelques rhumatismes articulaires et un mal fou à me remettre des nuits trop festives, j’essaie de de ne pas trop bouger, par bouger je veux dire faner, vieillir, devenir aigrie … Non pas que ça me perturbe, non pas que j’aie envie de sortir en plein hiver en jeans aux chevilles et vans sans chaussettes, non pas que je souhaite apprendre à textoter à deux pouces, mais les années passent et je me souviens … mes enfants adorent que je leur raconte mes « histoires d’avant »!!!

KIDIMOOD BAD

 

Avant on n’avait pas de portable …

On prenait rdv avec nos amis, nos amoureux 1 semaine à l’avance avec des heures et des lieux de rendez-vous précis et le visage de l’autre s’effaçait entre deux rencontres … c’était poétique … et terriblement romantique ! On ne passait pas son temps à s’envoyer d’insipides « salut sava ? » pleins de fautes d’orthographe mais on se concentrait sur la pression qui montait jour après jour, le désir de l’autre, la joie de le revoir … Je me souviens du vieux téléphone de mes parents que je tirais dans la chambre avec le fil qui tirebouchonnait, du clic de ma mère qui décrochait celui du bas pour me dire de raccrocher en hurlant, de l’écouteur pour faire glousser mes copines … Il n’y avait pas whatsapp, quand on appelait un amoureux au bout du monde, on entrait dans une cabine, on dépensait tout son argent de poche en pièces et on sortait en larmes …

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Avant on s’écrivait des missives …

On correspondait, comme dans les romans épistolaires, on se disait des mots réfléchis, des mots pesés, on chiffonnait du papier, on brouillait l’encre avec des larmes, on parfumait les feuilles avec du patchouli … ce temps-là n’existera jamais plus pour nos enfants ! Quand je fouille chez mes parents et que je relis ces lettres enflammées, je ressens encore tout ce que je ressentais à l’époque, ce flot d’émotions, là cette douleur de « l’oiseau métallique » qui s’envole et m’arrache à mon amour, là encore cette amitié tuée dans l’oeuf, ici enfin le premier amour de ma meilleure amie dans un tout petit village d’Afrique … J’attendais le facteur l’angoisse au ventre, ne sachant pas s’il allait m’écrire lui, de si loin, ou si le temps avait fait son oeuvre ???  Mes enfants eux n’auront même pas de textos, ils se seront effacés, supprimés, leur téléphone sera perdu et leurs souvenirs égarés …

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Avant on faisait des tirages photos …

A la place des selfies, on avait les polas qui marquaient des instants de vie et qui, pour la plupart ont tenu le coup même si les visages s’effacent parfois comme fantomatiques… Ma fille se sert de son appareil Polaroïd pour immortaliser des moments, offrir un souvenir à ses amis et je trouve ça essentiel, elle a ce goût de l’image, je continue à tirer mes plus belles photos et à faire des albums que je commente avec de petits mots écrits à l’encre noire  pour que mes enfants puissent me relire plus tard et se souvenir … A la maison, il y a une grande boîte avec des tonnes de photos ratées que je sors de temps en temps avec mes plus vieilles copines et qui nous font hurler de rire ! C’est un moment intime et personnel, pas un moodboard so cute Instagram, des instants volés, pas choisis, inesthétiques, avec d’affreuses tenues et des maquillages à la truelle !!!

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Avant on écoutait des albums …

Mes cassettes de Renaud dans mon baladeur, mes CD dans ma petite chaîne hi-fi et ces albums que j’écoutais en entier, même plus loin encore, les face B des vinyles, des chansons oubliées, parfois les meilleures … La voix de mes cousines toutes petites sur une bande qui se déforme, les albums de Goldman et de Lenny Kravitz en entier que je traduisais mot à mot …

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Avant, on fumait dans les bars et on faisait du stop …

Tant mieux pour eux, ils ne connaîtront pas les bistrots enfumés où on se distingue entre deux souffles gris de brouillard et où on tombe amoureux en deux secondes. Eux ils iront chercher l’amour sur Tinder. Ils le trouveront plusieurs fois mais ce ne sera jamais le bon ! A l’heure où nous traînions des heures dans le même café pour revoir ce garçon aux cheveux longs ou cette fille au piercing et cette fois essayer d’articuler un mot, ils brancheront un outil de localisation et le retrouveront tout de suite, ne laissant aucune chance au hasard … Mon Dieu, ce que j’aime le hasard, c’est lui qui fait les plus belles histoires d’amour ! Il n’allumera plus sa cigarette pour approcher d’elle avec une bonne excuse, elles ne lèveront plus le pouce sur une route déserte dans un pays lointain pour aller danser toute la nuit et rentrer pieds nus, ils feront attention, ils préserveront leur santé et ils vivront vieux, c’est bien ce qu’on veut pour eux hein ?

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Et vous de quoi êtes-vous nostalgiques ?

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