Kidimood : Petits problèmes de fratrie …

Capture d’écran 2018-03-20 à 09.31.02

J’avais écrit il y a quelques temps un post à propos de la complicité de mes enfants ici mais nos kids aiment bien nous faire mentir, et ces derniers jours, je réfléchis pas mal à la manière de désamorcer les conflits entre eux. Conflits qui ne manquent pas d’apparaître dès qu’ils ont un public, ou qu’ils sont fatigués, où que la colère les gagne, où qu’ils s’ennuient. Je me dis que le fait d’être à présent dans la même école, de partager les mêmes amis, les activités, pose un problème supplémentaire mais je ne suis pas sûre que ce soit foncièrement ça, je pense juste que le frère ou la soeur est le premier acteur-test des relations humaines, la victime devrais-je dire. Souvent, Noushka choisit son bro pour essayer un jeu et voir si les règles fonctionnent et  Metsch lance des mots pas toujours comme il faut à sa soeur pour observer ses réactions et l’impact. Ils sont l’un et l’autre le témoin et le bourreau de leurs évolutions respectives …

KIDIMOOD BAD

Quand ils commencent à s’asticoter, et ça peut être violent, la moutarde me monte aux naseaux, et toute bienveillante que je puisse et veuille bien être, je pourrais les cogner l’un contre l’autre pour les faire taire ! Je déteste qu’ils se dénoncent l’un l’autre, qu’ils se blessent, je leur répète qu’à moins d’être en danger, on ne balance pas son frère ni sa soeur, mais souvent ça ne suffit pas. Mais comme j’ai appris dans ce livre qu’on a des « neurones miroirs » et que l’apprentissage des émotions passe par l’observation, j’ai pris le parti de me contrôler et je tente souvent de jouer les coachs, les médiateurs, d’observer, de décoder et de leur apporter une solution ou de les amener à en imaginer une.

Je me suis pas mal servie de ce livre pleins d’exercices pratiques en situation !

9782035942401-001-T

Qu’il s’agisse d’une famille classique ou d’une famille recomposée, il me semble que ça ne fait pas une grande différence finalement. Les enfants imitent nos comportements, se jalousent, se titillent et se servent de nous pour envenimer la situation quand ils n’ont plus de ressources propres. Nous sommes là pour régler les conflits . Ou plutôt pour leur donner les outils pour les régler. Ce n’est pas en tranchant en faveur de l’un ou l’autre ou en hurlant contre eux plus fort qu’ils ne le font l’un sur l’autre que les conflits vont cesser. C’est pire. J’ai testé. Ca hurle jusqu’à ce que l’un d’entre eux ne supporte plus la pression et ne se mette à pleurer ou ne décide de s’isoler. Parfois ce n’est pas celui qui a eu tort. C’est dommageable d’en arriver là.

Alors objectivement on fait quoi ? On réagit comment face aux conflits ? 

1/ On observe

Un enfant envieux est un enfant que l’on compare aux autres, un enfant en colère est un enfant qui manque d’attention et la réclame, un enfant autoritaire est un enfant qui reçoit trop d’ordres et manque de liberté. C’est un peu schématique mais souvent vrai. Il faut détecter les comportements types.

2/ On resserre les liens par l’évocation du passé commun

Raconter des histoires de leur petite enfance, regarder des photos, fouiller dans un grenier, faire ensemble la recette de la grand-mère  permet de connecter les membres de la fratrie en faisant appel à la nostalgie et aux racines. Leur apprendre qu’ils sont du même sang. Et que c’est essentiel.

3/ Valoriser les talents de chacun

Nous sommes là pour les aimer mais aussi pour leur donner confiance en eux. Imaginons une promenade en famille un dimanche. Toi qui n’oublies rien, tu vas te charger de préparer le goûter pendant que ton frère prend le nécessaire de survie en pleine nature. Noushka va nous montrer le chemin car elle a un super sens de l’orientation quant à toi tu vas fermer la marche avec moi car tu es très courageux ! Les rôles se distribuent, les enfants aiment avoir un rôle dans leur famille.

4/ Veiller l’un sur l’autre

A l’école, je leur demande de faire attention l’un à l’autre. Jeter un coup d’oeil de temps en temps pour voir si tout va bien. Metsch déboule quand quelqu’un parle de travers à sa soeur, Nouhska vient consoler son frère s’il a un chagrin. A l’extérieur, sans nous, ils sont reliés et solidaires.

5/ Instaurer des rites familiaux

Sur le chemin de l’école, on raconte « ce qui nous a le plus plu dans la journée ? « et on est tous content de raconter nos petites histoires et de se reconnecter. C’est notre rite de retrouvailles chaque soir. On a aussi des rites hebdomadaires qui fédèrent notre famille : Mettre la musique à fond et chanter au micro les morceaux préférés de l’un ou l’autre (chacun a sa playlist), manger devant la télé en mode pique-nique junk food, s’empiler sur le lit et faire un énorme câlin …

Capture d’écran 2018-03-20 à 09.28.32

J’ai beaucoup ri en fin de lecture parce que l’on cite l’exemple de mes véritables cousins qui ont monté une brand de mode en famille. 3 frères, 3 égos et une belle entente dans la vie et dans le travail. Je me demande souvent comment ils peuvent passer autant de temps ensemble et ne pas se haïr. Ils doivent se détester parfois, j’en suis persuadée, et s’adorer à d’autres moments. L’amour fraternel ressemble à l’amour tout court, il ne peut pas être linéaire.

Je viens moi-même d’une famille de 3 soeurs et il y a des discordes bien sûr, mais des discordes qui ne peuvent durer car nous refusons de desserrer les liens et d’en laisser une sur le bord du chemin. Les liens du sang. Fédérés autour de la mère. On se dispute beaucoup mais il y en a toujours une pour intervenir et crever l’abcès, poser la bonne question, proposer une réunion festive … on ne peut pas s’éloigner trop longtemps  !

Chaque fratrie a son déroulé et ses faiblesses mais l’amour transmis par les parents se diffusent entre les frères et soeurs et cimente le tout. Je leur dis souvent que leur amitié, c’est pour la vie, que c’est un lien indéfectible, que quand on ne sera plus là, ils se rappelleront de nous ensemble et se protégeront. Ils ont l’air d’accord. Leurs deux petites identités en construction se rejettent parfois durement mais quand je les vois se regarder au fond des yeux et se dire je t’aime, quand je sens la main de Noushka glisser dans les boucles de son frère pour l’ébouriffer, quand je regarde Metsch observer sa soeur en train de patiner et s’émerveiller de sa technique, je me dis que je gagne, tous les jours un peu, je me dis que j’ai réussi à fonder une famille et une fratrie honnête et connectée …

Et chez vous, c’est comment ?

Comments are closed.